Minimalisme : pourquoi je me suis débarrassée de 60% de mes possessions

23/04/2017

La fille qui ne voulait jamais rien jeter

Quand j’étais petite j’adorais collectionner toutes sortes d’objets et je détestais jeter. Jeter c’était faire une croix pour toujours sur cet objet. Mais si il me servait plus tard ? Et si j’en avais besoin un jour ? Il faudrait alors en racheter un, ça serait une perte d’argent et de temps ! Il y avait aussi le côté sentimental, je personnifiais beaucoup les objets, je les aimais « oh bah non je ne vais pas te jeter petite voiture… ».

Puis j’ai grandi et j’ai entassé tout ça dans des cartons, stockés au garage. Et j’ai commencé à accumuler d’autres sortes d’objets : vêtements, chaussures, accessoires, maquillage, livres, objets en tout genre. Adolescente, je passais une partie de mon temps libre à me faire des wish list sur les sites de shopping, une autre partie de mon temps à essayer de trouver un moyen d’acheter tout ce que je voulais et le reste à regarder la télé et acheter des magazines qui me disaient quoi acheter. Ok je caricature, mais vraiment le shopping a pris une place de plus en plus importante dans ma vie.

La vérité c’est que j’enchainais les sentiments d’euphorie et de frustration extrême. Une fois que j’avais un objet dans le collimateur, il devenait la proie et j’étais le chasseur. Je le voulais. J’y pensais très souvent, et tant que je ne l’avais pas je restais accrochée à l’idée de l’avoir. Dès que j’avais l’objet en question, je m’en réjouissais pendant une journée et le lendemain j’avais déjà une nouvelle proie. Je me rends compte en écrivant tout ça à quel point c’était maladif, addictif et je me demande comment j’ai pu en arriver là…

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Nous achetons des choses que nous n’avons pas besoin avec de l’argent que nous n’avons pas pour impressionner des personnes que nous n’aimons pas

La faute à qui ?

Je me demande comment j’ai pu à ce point me laisser envahir par le consumérisme. Comment a-t-il pu lentement s’insinuer en moi jusqu’à me faire croire que ce qu’il me dictait était lié à ma propre volonté ? En fait, si le marketing et la publicité ont si bien réussi c’est parce qu’ils s’attaquent à une corde sensible : notre valeur en tant qu’individu. Oui, parce qu’ils nous font croire que posséder telle ou telle chose, c’est être quelqu’un, que ça va nous rendre heureux. Ils nous font croire que notre valeur en tant qu’être humain aux yeux des autres est déterminée par ce que nous possédons.

C’était l’époque de l’explosion des smartphones et j’avais honte d’avoir encore un vieux téléphone avec des touches même pas tactiles (mais si rappelez vous ça existait !). J’avais honte d’avoir des contremarques de baskets ou de T-shirt et non de la marque officielle, alors que ce qui les sépare n’est qu’un logo imprimé…

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J’en veux à cette société qui m’a laissé croire, moi jeune adolescente naïve et en quête de reconnaissance que la valeur de quelqu’un s’arrêtait là. Déjà que c’est dure de se trouver soi-même, mais voilà que maintenant il faut réussir à se trouver et décider qui on veut être dans ce flot incessant de diktats et de choses à acheter pour être quelqu’un !

Le pire c’est que je n’étais pas quelqu’un de timide. Je n’avais pas peur d’aller vers les gens et je faisais des présentations à l’oral les doigts dans le nez (nan je les mettais pas pour de vrai hein). Donc c’est que j’avais quand même une estime de moi relativement élevée non ? Pourtant je ne pouvais pas m’empêcher de me sentir inférieure quand il y avait des gens avec des vêtements plus chers que les miens dans la pièce.

Prise de conscience

Puis j’ai encore grandi. J’ai progressivement ouvert les yeux sur le matérialisme ambiant  et toutes mes possessions sont devenues un poids. J’avais l’impression d’étouffer, de crouler sous les objets inutiles. Un peu comme quelqu’un qui essayerait d’avancer mais qui porte sur son dos une lourde montagne d’objets inutile. J’avais l’impression de nager dans les objets et de m’y embourber, ils me collaient à la peau, j’ai voulu m’en détacher.

 toomuchstuff.gifJ’ai ressenti le besoin d’examiner chaque objet que je possédais et d’estimer si j’en avais vraiment besoin et s’il m’apportait vraiment quelque chose d’utile et d’enrichissant. J’ai eu besoin d’examiner jusqu’au plus petit jouet Happy Meal planqué dans les dizaines de boîtes en carton stockés chez mes parents. C’était comme examiner chaque partie de ma vie passée et lui dire bye bye. C’était comme tourner la page et commencer à écrire un nouveau chapitre. Page blanche. Ouf, on peut recommencer.

J’ai fait le grand tri de manière progressive, par ci par là, sur 2 ans environ (article à venir sur les étapes du tri et quelques conseils :)) . J’en ressens une grande légèreté.

Aujourd’hui, j’ai une vue d’ensemble sur tout ce que je possède et surtout ça m’a amené à revoir ma relation avec les objets et les achats en général. J’essaie d’utiliser le moins d’objets possible et j’évite ceux qui n’ont qu’une seule utilisation possible.  J’ai appris à faire la différence entre le « wahouuu ! mais la vie est plus belle avec un grille pain ! » que la pub veut nous faire croire et le « la vie est plus pratique avec un grille pain, mais elle ne rend pas ma vie plus belle ».

Mes proches ont bien compris ma démarche et m’offrent des places de spectacles, de concert, des produits bio et commerce équitable que j’aime comme du thé ou du chocolat, des livres, m’emmènent dans des restos végés et ne m’achètent plus des babioles juste parce qu’il faut acheter quelque chose pour un évènement particulier comme on le fait si souvent… Si vous voulez faire plaisir à quelqu’un, ou dire je t’aime, la meilleure façon de le faire c’est de passer du temps avec cette personne, ou de passer du temps à lui choisir un cadeau qui va la toucher. Peu importe son prix, ce qui compte, c’est l’attention. aller vers le minimalisme.jpg

Je me suis débarrassée d’une énorme partie de mes affaires que j’estime pour l’instant à 60% de tout ce que j’avais avant de commencer ce tri. C’était en partie des vieux jouets, des objets en tout genre, des livres, des bijoux et des tonnes et des tonnes de vêtements, dont beaucoup que je n’ai même jamais portés…

Je n’ai pas d’objectif de nombre d’objet à atteindre et de nombres de cartons à remplir. Je marche au ressenti et au questionnement permanent. J’ai écrit que mon grand tri a duré 2 ans, mais en fait il continue toujours… J’ai chez moi encore plein d’objets et de vêtements dont je ne suis pas prête à me débarrasser. Certains me sont vraiment utiles et je le sais et pour d’autres je sais que c’est encore des fausses excuses du type « oui mais j’en aurais peu être besoin un jour » mais c’est pas grave, c’est un processus qui s’inscrit sur la durée. N’allez pas faire de ce tri ou de ce chemin vers le minimalisme quelque chose de stressant ! On cherche tout l’inverse. On cherche à créer de l’espace pour voir ce qui compte vraiment.

Le minimalisme comme philosophie de vie et art de vivre

Le minimalisme pour moi n’est pas une mode ou ne consiste pas en un grand tri unique et basta. C’est quelque chose qui s’inscrit dans mon mode de vie au quotidien, au plus profond de mes actions. Je vis au quotidien avec cette logique minimaliste que j’ai toujours en tête : « utilise juste ce qu’il faut », « tu n’as pas besoin de plus », « concentre toi sur les choses qui comptent vraiment », « tu n’as pas besoin de plus d’espace mais de moins d’affaires ».

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Si cela ne nourrit pas ton âme, ne le garde pas.

Avant d’acheter quelque chose, je me pose toujours la question de savoir si j’en ai vraiment besoin et s’il n’y a pas un objet chez moi qui pourrait faire l’affaire pour le remplacer ou si il n’y a pas quelqu’un qui pourrait m’en prêter un. Si je décide que j’en ai vraiment besoin, je cherche à d’abord l‘acheter en occasion pour favoriser l’utilisation d’un objet qui a déjà été créé pour pas en acheter un neuf.

Je rêvais d’avoir un grand dressing avec des centaines d’articles mais maintenant je préfère avoir peu de vêtements, mais que j’adore. Avant j’avais tellement de vêtements, mais je me suis rendue compte que je portais toujours les mêmes, parce que c’étaient mes préférés, ceux qui m’allaient le mieux. Avoir peu de vêtements mais qui nous vont tous rend aussi le choix beaucoup plus simple, je n’ai plus jamais redit le fameux « mais je n’ai rien à me mettre » !

Le minimalisme est aussi venu s’inclure tout naturellement dans toutes mes réflexions et mes actions pour l’environnement et cela forme un tout cohérent. Avoir des objets inutilisés chez soi, c’est avoir des objets qui ont nécessités des matières premières, de l’énergie et sans doute de l’exploitation humaine ou animale, qui ont pollués la planète (émissions à effets de serre, polluants chimiques, etc), qui ont été transportés jusqu’à chez nous et qui au final se retrouvent au fond du placard, un vrai gâchis… !

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Le minimalisme n’est pas un manque de quelque chose. C’est simplement la quantité parfaite de choses.

Je privilégie aussi les objets de qualité et d’une matière peu polluante et de préférence recyclables, ils sont certes plus chers à l’achat mais vous dure toute la vie si vous en prenez soin ! C’est tout bénéf aussi pour la santé par exemple quand on pense au plastique et à toutes les particules nocives qu’il dégage !

Le mouvement prône une vie simple qui mets les événements vécus au dessus des possessions. Le but, c’est vivre mieux avec moins. C’est revoir notre rapport au monde, aux autres, à ce qui nous entoure, c’est revoir notre manière de vivre. Le minimalisme permet de voir les choses qui comptent vraiment, c’est enlever ce qui est superflu et ne garder que l’essentiel. C’est remettre en question le processus de course effrénée après l’argent pour s’acheter des choses dont on a pas besoin mais qu’on pense nécessaires.

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Et on se rend vite compte qu’on a pas besoin de grand chose pour être heureux et qu’on a passé pas mal de temps à croire que le bonheur se trouvait dans les possessions, sans se rendre compte que c’est elles qui nous possédaient. Faire le vide, c’est s’autoriser à voir l’espace qu’il y a, et l’habiter de son être.

Aujourd’hui j’ai arrêté d’être constamment dans le « vouloir plus » et je me réjouis sincèrement de tout ce que j’ai déjà. Je suis déjà tellement riche… par le simple fait d’être en vie et j’avais besoin de libérer ce qui était superflu pour m’en rendre compte.

 

// Si le minimalisme vous parle…

Le minimalisme est toute sauf une privation, c’est un vrai enrichissement et si vous aussi vous ressentez le besoin de faire le vide et de prendre de la distance par rapport à vos possessions, je vous conseille quelques livres et films :

> L’art de la simplicité, Dominique Loreau (6,50€). Le slogan du livre ? Simplifier sa vie, c’est l’enrichir. Elle donne des clés pour vivre de manière minimalisme dans chaque aspect de sa vie. Je ne suis pas d’accord avec tout dans ce livre, il faut savoir prendre du recul comme avec chaque chose mais ce livre a vraiment changé ma perception de beaucoup de choses, je vous le conseille vraiment !

> Zéro déchet, Béa Johnson (7,60€). Quand on vit un mode zéro déchets, le minimalisme est le concept sous-jacent ! Béa rajoute comment elle et sa famille se sont débarrassé de la plupart de leur objets et comment ça a été une source d’économies de temps, d’argent et de joie !

> Minimalism: A Documentary About the Important Things. (En ce moment sur netflix! (23/04/17)). Un documentaire qui récapitule assez bien l’ensemble des idées du minimalisme. On suit les deux réalisateurs qui eux même ont basculé d’une vie de consumérisme au minimalisme et qui décident de partir en tournée pour présenter leur livre sur ce thème et qui enchainent les rencontres.

 

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